De l’encens à Alexa, une brève histoire du conseil à la décision.

En janvier 2006, Leig Buchanan et Andrew O’Connell publient une histoire de la prise de décision dans la Harvard Business Review. Une douzaine d’années plus tard, cet article m’a aidé à mieux définir la mission d’Augmented Advize, dont je suis le co-fondateur. Ce post se propose de prolonger leur article jusqu’à aujourd’hui.

La mission d’Augmented Advize est d’accompagner la prise de décision. Nous l’accompagnons avec des conseillers digitaux qui dialoguent naturellement avec les personnes qu’ils conseillent. Si l’on fait fi du conseiller digital, notre mission est en réalité aussi vieille que l’humanité.

Au commencement était l’encens.

Lorsque l’Homme décide, il met fin à la réflexion et ouvre le champ de l’action. Lorsque l’Homme décide, il interroge le monde pour être sûr de prendre la bonne décision.

Pour reprendre rapidement l’historique dressé par Buchanan et O’Connell, ce monde a d’abord pris la forme de divinités. Des grottes obscures à l’ombre des pyramides, en passant par la cime des cathédrales, le guerrier et le marchand sacrifiaient et priaient pour s’attirer les faveurs des dieux sur leurs actions. Une autre voie se dessina ensuite, défrichée par la foi de philosophes en la raison, en l’individu, et la montée en puissance des mathématiques et des statistiques. La science emboita le pas des idoles.

Elle est indirectement au cœur de toute l’assistance à la décision aujourd’hui.

Au tournant est le consultant.

Le XXe siècle marque le tournant le plus important dans le conseil à la prise de décision avec la formation de personnes et d’outils consacrés à la décision.

Ces personnes, ce sont les managers et leurs conseillers. Le XXe siècle voit la théorisation et la mise en pratique d’un enseignement destiné à produire des managers, cadres, consultants et entrepreneurs. La doyenne des écoles de management, l’ESCP, est fondée à Paris en 1819. Elle est ensuite rejointe par HEC et Wharton (1881), l’ESSEC (1907), la Harvard Business School (1908), Stanford GBS (1925), puis l’INSEAD (1957) et la London Business School (1964), pour ne citer qu’elles. Alors que ces écoles remplissent toujours plus leurs amphithéâtres, certains penseurs érigent le management en science.

Pour accompagner ces managers à la tête d’organisations toujours plus vastes, le monde du conseil en stratégie se structure. McKinsey voit le jour en 1926 et est suivi par de nombreux autres, comme le BCG (1963) ou encore Bain (1973). Ces professions fleurissent et essaiment dans tous les domaines, en particulier à partir des années 1970. C’est par exemple à ce moment que la profession de conseiller en gestion de patrimoine apparaît réellement en France.

La science managériale triomphe et utilise toutes les ressources à sa disposition pour apporter des données et conseils aux managers. L’une de ces ressources est l’informatique naissant. C’est lui qui va apporter la rupture que le conseil à la décision vit aujourd’hui.

Aujourd’hui est Alexa.

Après l’adoption de systèmes d’information dans les entreprises à partir des années 1970, l’informatique explose avec l’arrivée d’Internet dans les années 1990. La masse de données produites par l’humanité et ses outils augmente alors de façon fulgurante, à un rythme toujours plus soutenu. Le Big Data vient alors au secours des organisations, pour les aider à faire sens de ces données et les transformer en informations actionnables pour prendre des décisions.

Mais nous pensons que l’avenir du conseil apporté par la technologie, et surtout par l’intelligence artificielle, n’est déjà plus dans le Big Data, mais dans le conseil hybride. Le conseil hybride allie le conseil apporté par un humain à celui apporté par une intelligence artificielle, au moyen d’une interface conversationnelle. L’utilisateur final, le conseillé, peut donc dialoguer au choix avec un assistant en chair et en os, ou bien avec un assistant digital.

Nous estimons que dans un futur proche, de plus en plus de décisions simples seront prises exclusivement avec le concours de conseillers digitaux. Ils fourniront en effet un conseil disponible immédiatement, quel que soit le support utilisé (ordinateur, smartphone, tablette, assistant personnel, etc.), le canal (voix ou texte) ou encore l’endroit où vous vous trouverez dans le monde et l’heure. Ce conseil sera également personnalisé, grâce aux données que vous communiquerez à votre assistant digital, qui deviendra de plus en plus pertinent à mesure que vous l’utiliserez. En revanche, les décisions les plus complexes seront assistées par une alliance entre un assistant virtuel et un conseiller humain.

C’est cet avenir que nous bâtissons chez Augmented Advize.